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Aider les communautés à faire entendre leur voix - Pistage des dépenses publiques en Tanzanie Bonnes pratiques en bref


Aider les communautés à faire entendre leur voix - Pistage des dépenses publiques en Tanzanie

Comment une population connue pour sa tolérance et sa soumission à l’autorité apprend-elle à exiger des comptes de ses dirigeants ? Des dirigeants autocrates peuvent-ils redevenir des serviteurs de l’État ? La Tanzanie est le théâtre d’une expérience sociale intéressante.


Des services publics efficaces font évidemment baisser la pauvreté. Mais en Tanzanie, la centralisation économique et la concentration des pouvoirs ont depuis longtemps ancré une culture d’acceptation et d’impuissance au niveau local.

Suivez l’argent

Une initiative de pistage des dépenses publiques intitulée Fuatilia Pesa (Suivez l’argent) offre un moyen pratique d’inverser la situation. Ce programme cherche à soutenir la mise en oeuvre du Programme de réforme des collectivités locales, lequel supervise la décentralisation démocratique du pouvoir décisionnel vers les régions et les districts.

Le programme Fuatilia Pesa renforce les capacités des OSC tanzaniennes qui aident les communautés à faire valoir leur droit à l’information et à s’en servir pour exiger des comptes. Ce programme est mis en œuvre par trois organisations nationales : REPOA (Research on Poverty Alleviation), Hakikazi Catalyst et TGNP (Tanzania Gender Networking Programme). Il est coordonné par le Policy Forum, une coalition d’OSC qui entend renforcer la participation des ONG aux processus politiques et à la gouvernance locale.

Ce programme a élaboré un manuel de formation aux démarches d’accès à l’information, au suivi des budgets des collectivités locales et au pistage des dépenses.

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Des débuts encourageants

En 2006, plus de 700 représentants d’OSC, fonctionnaires de district, élus municipaux et journalistes ont suivi un cours de formation pragmatique organisé sous l’égide du programme.

Jusqu’ici, il n’y a pas eu une remontée d’informations suffisante pour connaître le nombre précis d’organisations de la société civile se servant de la formation reçue pour inciter les communautés à pister les dépenses publiques et à faire pression sur les autorités de district pour qu’elles rendent des comptes. On estime à 25-30 le nombre d’ONG actuellement chefs de file de l’application du modèle de pistage dans une quarantaine de districts. Le Policy Forum procédera à une évaluation de cette première phase avant la fin de 2007.

Obtenir un changement plus profond

Le programme Fuatilia Pesa entend demander des comptes aux fonctionnaires au travers d’une démarche qui mise davantage sur la collaboration que sur la confrontation. En nouant un dialogue constructif à tous les niveaux de la hiérarchie des collectivités locales, le programme espère faire évoluer les normes qui prévalent en matière de redevabilité publique.

Les pouvoirs locaux rechignent néanmoins à donner accès aux informations, ce qui constitue un obstacle majeur. Instigateur du Programme de réforme des collectivités locales, le gouvernement a entériné la quête d’une meilleure gouvernance menée par Fuatilia Pesa. Mais le chemin est encore long avant de prouver que les résultats suivent au plan local et que chacun y trouvera son compte.

Les ateliers de formation organisés à l’intention des ONG et des fonctionnaires de district soulignent combien une information accessible, transparente et opportune est cruciale. Au final, les nouveaux systèmes d’information établis par les collectivités locales permettront de connaître le détail des budgets alloués et des décaissements effectués par le district au profit des communautés et des activités de développement.

La prochaine étape du programme Fuatilia Pesa prévoit la création d’un réseau national de mutualisation des expériences et des informations relatives au suivi des dépenses publiques et des prestations de service.

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